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Je m'appelle Frédéric, j'ai 48 ans (tu divises par quatre et tu as
mon âge mental) ... et je suis amoureux ! Le début de mon récit remonte à octobre 2008, je me souviens c'était un mardi et j’étais un brin nostalgique. Alors Il m’est venu l’idée de faire un p’tit tour dans mon passé, ma « jeunesse vieille. » L’époque où la musique était 99 % de mon temps libre et 100% de mon argent de poche. Alors, j’ai tapé « Ange » sur Google. Attention j’ai pô tapé « Ange » comme ça par hasard en me disant : « ils deviennent quoi ces mecs ? » Non, car en fait ce groupe est resté là bien au fond de ma tête et de mon cœur et je le savais pas (ou presque.) Je continue et tu lis seulement si tu aimes les histoires d’amour qui font trois pages. « Ange » c’est quatre lettres et un coup de cœur d’adolescent, un beau voyage. En fait, tout a commencé en septembre 1975 : à l’époque les bonnes sœurs s’arrachaient les cheveux pour m’apprendre la vie sans péché (et accessoirement les mathématiques et le français.) C’est mon pote Bruno qui m’a transmis le virus le jour où il est venu avec deux disques sous le bras pour me récompenser des efforts fournis pour faire accepter un « rencard » à la belle Doriane, moi aussi elle me faisait « loucher » la Doriane mais comme je l’écris plus haut, c’était la musique mon truc de l’époque. J’en reviens aux deux albums qui étaient un live de Slade (très obscur groupe de Hard rock) et « Au-delà du délire » des quatre lettres citées plus haut. C’était la première fois que j’entendais parler de « rock », en effet ma seule culture musicale de l’époque se limitait aux 45 tours de variétoche que Patricia (la sœur de Philippe … et de Doriane) enfournait joyeusement dans son mange disque à longueur de samedi après midi, les fesses sur la pelouse de la cité Normandie. Sheila et Ringo à Venise, Cloclo sous le soleil le lundi, Sylvie et Johnny amoureux à problèmes … peuplent encore mes cauchemars. Et encore je te parle pas de Berthe Silva et de son très gai « c’est aujourd’hui dimanche » que ma mère adorait. Le soir, je suis rentré à la maison satisfait du bonheur de Bruno (amoureux fou … mais tellement timide) et de sa magnifique récompense. Après les mille et unes questions de ma mère sur la provenance des disques (ben oui à cette époque lointaine cela s’appelait « disque » et c’était rond, noir et encombrant) j’ai pu écouter, juste après bien sûr que ma mère ait téléphoné à la maman de Bruno pour une confirmation du cadeau. La confiance régnait à l’époque, enfin faut dire que j’étais un sacré coco. J’ai écouté dis-je mais c’est un bien grand mot vu le « pic-up » de mes parents. Mais bon c’était relaxant après les hurlements de maman ! Je passe sur les « anglais beuglants » de Slade qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable (comme beaucoup d’autres je suppose) pour te parler de la « claque » que j’ai pris en pleine figure. Ce groupe jouait une musique incroyable, les textes ne parlaient pas de gondoles qu’il fallait laisser à Venise mais racontaient des légendes où il était question d’orgie et de curé, du messie dans d’autres thermes qu’au catéchisme. Cela éclatait un élève de treize ans « élevé » chez les bonnes sœurs. Il parlait d’une terre qui manquait de sucre et où les parents léchaient les larmes sucrées de leurs enfants. Noé était sans eau. Pour la première fois j’étais « fan » et j’aurais embrassé Bruno sur la bouche. A partir de là je n’ai plus quitté ce groupe pendant près de 25 ans. Après « Au delà du délire » je voulais tout connaître du groupe, mais je te parle d’un temps où les moins de 20 ans avaient très peu l’occasion d’écouter du rock sur les médias. Il y avait bien à la radio sur RTL l’émission « poste restante » de Jean-Bernard HEBEY et une fois par mois à la TV « Jukebox » de Freddy HAUSSER … mais il était surtout question de groupes anglais. C’était l’époque du rock progressif (la belle époque affirme le vieux con.) Genesis avec Peter Gabriel, Yes et surtout, surtout Jethro Tull (quel régal la flutte de Ian Anderson, la guitare de Martin Barre et ce bon vieux Barimore Barlow !) Chaque album de ange me « parle » d’une période de ma vie, des souvenirs en cascade comme ces concerts magnifiques avec les « cigarettes qui font rire », il y a prescription ! Les discussions interminables avec les potes pour se mettre d’accord sur la qualité du dernier album, sur les solos de Jean Michel. Il y avait aussi la tignasse en forêt de Francis qui était un motif de discussions et de questionnements… Pourquoi il y a tant de cheveux sur une seule tête ? Je t’en parle … Et j’oublierais presque les boutons d’acnés, les râteaux avec les filles (ben si j’en ai eu quand même quelques uns) et les bonnes sœurs citées pour la troisième fois dans ce texte, c’est dire qu’elles m’ont marqué les bougresses ! Bon, c’est vrai « papy nostalgie » raconte le meilleur de cette époque là, mais c’était quand même drôlement bien. Je me souviens de leur deuxième disque pour moi (qui en fait était le troisième historiquement.) Ils parlaient avec tendresse et affection d’un vieux bonhomme Emile Jacotey maréchal ferrant de son état, conteur de légendes magiques, « ode à Emile » me donne encore des frissons. La troublante Aurélia, le nain de Stanislas … En fait, une belle galerie de personnages qui ont donné beaucoup de force et d’authenticité à cet album. Je me souviens aussi de la belle affiche placardée chez mélodiques le disquaire de la rue St Aspais où je passais mes samedis après midi. En 1976, je découvre « Par les fils de Mandrin » et son clown triste en pochette. J’avoue franchement que cette année là (comme Bruno un an plus tôt) j’ai pris conscience que les filles … c’était quand même plutôt chouette. J’étais toujours chez les bonnes sœurs, mais pô les mêmes. Sainte Marie avait en effet jeté l’éponge et Sainte Jeanne d’Arc prenait le relais (en attendant Sainte Rita patronne des causes perdues.) « Par les fils de Mandrin » était un « album concept », je fais le malin aujourd’hui mais à l’époque je savais pô ce que ça voulait dire « album concept. » En fait c’était une histoire racontée comme dans un livre, de chanson en chanson ça parlait du voyage initiatique d’une bande de bandits de grand chemin devenus sages suite à la rencontre d’un merveilleux clown. Il y avait aussi la rubrique poésie de Christian le chanteur dans la revue « Best » c’était LA bible des fans de rock avec « Rock n’ Folk ». Tous les mois on pouvait lire, comprendre et apprendre la poésie. Cela m’a donné l’envie d’écrire et l’amour des beaux textes. Tout à ma joie je ne savais pas que le groupe allait se séparer. J’ai appris la «terrible nouvelle» par la vendeuse du Printemps. Je regardais la pochette de Tome IV leur premier « live » quand elle m’a appris (sans prendre de gants tu te rends compte !) le clash du groupe. Merde que je m’suis dit : « c’est quoi la vie sans Ange ? » J’ai essayé de me rassurer en me disant que l’info venait de la nana du Printemps qui connaissait le rock comme ma grand-mère (que je n’ai pas connu.) Mais c’était vrai, même Best le disait. Christian a sorti un album solo : « Le mal d’Adam » assez différent de la production du groupe, ce fut le cas également de Francis organiste « génial » et compositeur « tout aussi génial » de la plupart des musiques. Pendant ce temps j’avais définitivement écœuré les bonnes sœurs et commencé un CAP de pâtisserie un peu par hasard sachant trop que faire de mes dix doigts. Il a fallu attendre quelques années pour entendre un nouveau Ange, ce fût en fait dans le labo de la pâtisserie. L’un de mes collègues « arpette » lui aussi, m’a parlé d’une pochette où un homme jouait du bilboquet avec une terre (il en savait pas plus.) C’était en fait « Guet apens » l’album de la deuxième vie du groupe, Christian et Francis étaient toujours là mais avec d’autres musicos autour d’eux. Jean Michel le guitariste et Daniel le bassiste étaient partis. C’est sur cette tournée que j’ai eu le bonheur de les voir sur scène pour la première fois. Je me souviens de «captain cœur de miel» avec son mat de bateau planté dans le ventre et sa bouteille de rhum blanc à la main, c’était magique comme des amis de longue date rencontrés pour la première fois. A la fin du concert nous avions eu la joie (avec mon pote pâtissier) de « tailler la bavette » avec les membres du groupe jusqu'à pas d’heure puis nous étions repartis directement au boulot à 4 heures du mat ! A cause de nos yeux collés (mais pleins d’étoiles) les brioches ce matin là ont fini à la poubelle et nous avons eu droit à une très belle engueulade du patron et à un jet de cul de poule (ustensile de cuisine relativement lourd) évité de justesse. Mais on s’en fichait vu la soirée que nous avions vécue. Le deuxième concert fut sur la tournée « Vu d’un chien » où le groupe avait fait un virage musical, la musique était plus « hard » sur scène que sur l’album. En fait c’est surtout mon oreille droite qui s’en souvient car j’étais décalé par rapport à la scène ! Le groupe avait une nouvelle fois évolué et Robert le guitariste était flamboyant, Christian et Francis était toujours aussi prodigieux. Pour finir dans la rubrique « Concert » : Il y eu un troisième rendez vous, c’était la veille de mon départ en Allemagne pour servir glorieusement ma patrie, même si j’avais peur que le kaki m’aille pô vraiment au teint. Le groupe a su pendant plus de deux heures me faire oublier mon triste avenir et rien que pour cela je lui en suis éternellement reconnaissant ! Au départ du train Gare de l’Est j’avais encore les images et la musique dans la tête. Après c’était moins drôle puisque j’imaginais la vie en caserne pendant 12 mois, finalement 13 car j’ai fait un peu de rabe, normal j'étais tellement bien la bas. Puis petit à petit j’ai décroché, c’est con, c’est la vie. J’ai écouté avec plaisir « La gare de Troyes », et surtout l’album « Fou » mais j’avais impression d’avoir perdu « la magie ». Il y a bien eu l’album « Tout feu tout flamme » avec les musiciens de la première génération. Mais j’étais vraiment trop nostalgique des premiers disques. J’en reviens donc à mon clic d’hier sur le moteur de recherche. Il m’a emmené sur le site de Joël *, amoureux du groupe (mais resté fidèle.) Joël a su me replonger dans cette époque glorieuse, il est donc responsable de ce texte, les plaintes doivent lui être adressées ! J’ai appris grâce à lui avec beaucoup de plaisir que le groupe était toujours vivant et bien vivant et cela m’a fait chaud au cœur. « Captain cœur de miel » est toujours à la barre entouré de jeunes loups. J’ai eu un échange de mails avec Joël et il m’a parlé d’un forum consacré au groupe, je m’y suis inscrit et j’ai pu constater que Ange est « le fil rouge » de beaucoup de vies. Depuis je me suis offert le dernier album de Ange (souffleurs de vers) et c'est avec un énorme plaisir que je « redécouvre » Christian et sa voix inimitable. Malheureusement malgré plusieurs excellents titres cet Ange 2008 me laisse sur ma faim Il n’y a plus ce délire, cette folie, les paroles de Christian restent uniques mais la musique à mon sens n’est plus aussi forte que par le passé. J'ai constaté en lisant la pochette du CD que Francis était parti du groupe en 1995. Francis était vraiment le SON du groupe Ange, ce son si particulier. Mais je raconte mon histoire d’amour, mes sentiments. Peut être en as tu ou en auras tu d’autres vis-à-vis du groupe actuel. Alors un peu déçu, je me suis dit que ma récente « replongée » dans l’univers du groupe était finalement une démarche peut être trop « nostalgique.» Ange a évolué voilà tout et cette évolution ne me rend pas vraiment euphorique, mais c'est la vie. Je continuerai à suivre Ange dans les prochaines années, c'est une évidence. J'ai voulu avoir des nouvelles de Francis. J’ai appris une nouvelle fois sur le Net qu’il avait fondé un nouveau groupe Gens de la lune. J’ai écouté les extraits des titres du premier album sur le site Internet. Grâce à cela j'ai retrouvé les plus belles heures de Ange des années 70 celui des contes et légendes, celui qui m'a fait adorer ce groupe. Gens de la lune n'est pourtant pas un nouvel Ange, mais un groupe avec une vraie personnalité et une vraie unité. Il joue une musique actuelle mais en ayant rien oublié du passé. J’ai commandé leur album (reçu dédicacé !) avec une superbe lune phosphorescente dans la pochette du CD qui a fait le bonheur de ma fille. J’ai envoyé un mail à Francis pour lui dire le bien que son « retour » m’avait fait, que j’étais heureux d’écouter de nouveau sa musique ! Il m’a répondu par un message d’une gentillesse qui m’a beaucoup touché. A partir de là, j'étais comme un gosse avec cette sensation que toutes ces années, ces souvenirs ... me revenaient en pleine gueule comme un boomerang.
Quelques temps plus tard, j’ai demandé au groupe la possibilité de créer
un site dédié à Gens de la lune et voilà donc pourquoi tu connais
aujourd’hui mes années angéliques et mon premier pas sur la lune. Aujourd'hui j'ai l'immense joie d'avoir pour ami Francis, d'avoir rencontré Christian. Les frères Decamps resteront pour toujours à la source de bien des bonheurs. Que la fête continue ! Longue vie à Gens de la lune et à Ange. J’espère ne pas avoir été trop long, mais tu sais comment c’est avec les histoires d’amour.
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